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Dossier: Le commerce équitable

5 - Le commerce équitable en quelques dates

6 - References

7 - Pour en savoir plus

 


1 - Définition

La notion de commerce équitable (en anglais fair trade) trouve ses origines dans les années 1950. La filière équitable garantit au producteur un tarif de vente minimal, au prix d'un surcoût volontairement accepté par le consommateur. Son slogan est : « Fair trade, not aid » (« un commerce juste, pas de la charité »).

Le commerce équitable, concerne essentiellement les rapports commerciaux Nord-Sud ou s'applique généralement à des opérations commerciales renforçant la position économique des petits producteurs et propriétaires afin d'assurer qu'ils ne soient pas marginalisés dans l'économie mondiale.

Le commerce équitable justifie son existence en citant l'article 23 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme: « Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine. » Au delà de l'acte d'achat, le commerce équitable permet de sensibiliser les consommateurs à propos des difficultés auxquelles sont confrontés les producteurs du sud. En ce sens, c'est également un outil d'éducation.

 

2 - Les théories du commerce équitable

L'idée du commerce équitable repose sur la valorisation auprès des consommateurs des atouts dont disposent les petits producteurs, en particulier sur la qualité de leur produit. Il tend également à essayer de s'affranchir le plus possible des intermédiaires.

Il fait également appel à la conscience du consommateur en cherchant à l'intéresser dans son acte d'achat non seulement à la qualité intrinsèque du produit mais aussi aux conditions de production et de vente et à leurs conséquences sociales et environnementales.

Concrètement, les principales idées ou règles du commerce équitable sont :

  • Une relation la plus directe possible entre producteurs et consommateurs, en réduisant les intermédiaires
  • La pratique d'un juste prix pour le producteur : « Chaque personne doit pouvoir vivre dignement de son travail » ;
  • Dans le cas où les producteurs sont des salariés : le respect des conditions de travail correspondant au minimum aux normes internationales du Bureau International du Travail ou du pays si celles-ci sont supérieures ; le respect du droit d'association ; l'interdiction du travail forcé ;
  • L'autorisation d'un financement partiel avant la récolte (au taux minimal de 60 %) si les producteurs le demandent ;
  • L'établissement de relations et de contrats à long terme, basés sur le respect mutuel et le respect de valeurs éthiques.

Il s'agit là d'une base minimale, traduite en critères de labellisation par les organisations de commerce équitable. D'autres critères sont possibles, dits de « progrès », en vue de garantir le développement durable des groupes de producteurs ou de salariés. Une « prime de commerce équitable » est versée au groupe de producteurs par l'importateur et gérée collectivement par eux pour la construction d'écoles, les structures de santé, ou bien l'amélioration de la productivité et la conversion à l'agriculture biologique.

 

3 - Le produit équitable plus cher ?

Selon ses défenseurs, le produit du commerce équitable ne devrait pas nécessairement être plus cher qu'un produit conventionnel. Seule la répartition des coûts et des bénéfices change. Le surcoût payé aux producteurs serait compensé par le moindre coût payé aux intermédiaires. En réalité, on constate généralement un prix un peu plus élevé, dépendant principalement des volumes distribués.

En supposant égale par ailleurs la qualité des produits (bien que le commerce équitable mette en avant une meilleure qualité du produit), le surcoût serait essentiellement lié à la meilleure rémunération du producteur. Le facteur est de l'ordre de 1 à 2,5 soit 0,58 euro contre 0,19 pour un paquet vendu au consommateur 2,93 euro.

 

4 - Commerce équitable et grande distribution

En France, une partie des acteurs du commerce équitable ont choisi de commercialiser les produits au travers de la grande distribution. C'est le cas de produits labellisé par l'association Max Havelaar en 1999, et notamment de la gamme Alter Eco.

Ce choix a fait l'objet de nombreuses discussions au sein du mouvement du commerce équitable et suscite toujours les débats. La fédération Artisans du Monde, l'association Artisanat SEL, qui fournit en partie leurs magasins, et l'association Minga sont les principaux tenants d'une commercialisation hors grande distribution.

Deux approches co-existent et se complètent.

  • d'une part, la vente des produits du commerce équitable en super et hypermarchés : apport de débouchés aux producteurs par le volume et de notoriété pour la démarche par la mise en avant la plus large possible auprès du grand public.
  • d'autre part, la vente des produits du commerce équitable dans les magasins spécialisés où les équipes de ces lieux de vente sont elles même de l'économie solidaire et donc en cohérence pleine et entière avec la mobilisation pour plus d'équité, d'altérité, de sensibilisation aux enjeux de meilleurs équilibres Nord-Sud.

 

5 - Le commerce équitable en quelques dates

1860 : Publication du livre « Max Havelaar », écrit par Eduard Douwnes DEKKER.

Fin des années 1940 : Ten Thousands Village et SERRV, aux Etats-Unis, commencent à faire du commerce avec les communautés pauvres des pays de sud.

Fin des années 1950 : OXFAM UK commercialise dans ses magasins britanniques de l’artisanat fabriqué par des réfugiés chinois.

1957 : De jeunes catholiques créent, aux Pays-Bas, une association visant à importer des produits du tiers-monde.

1964 : Les pays du Sud insistent sur la nécessité d’échanges justes à la 2ème conférence de la CNUCED (« Trade not Aid »). OXFAM UK crée la 1ère Organisation de Commerce Alternatif (Alernative Trade Organisation-ATO)

1967 : Création de la 1ère Fair Trade Organisation aux Pays-Bas.

1969 : Ouverture du 1er magasin de CE aux Pays-Bas.

1971 : Création de la 1ère coopérative de CE au Bangladesh (Jute Works).

1973 : Vente du 1er café équitable dans les magasins de CE aux Pays-Bas.

1974 : Ouverture du 1er magasin de CE français : Artisans du Monde.

1975 : Fondation d’OXFAM Belgique. Fondation des Magasins du Monde OXFAM en Belgique.

1988 : Le label Fair Trade sous le nom de Max Havelaar est attribué pour la première fois à un café.

1989 : Création de la Fédération Internationale du Commerce Alternatif (IFAT).

1990 : Création de l’European Fair Trade association (EFTA). Création de Max Havelaar Belgique.

1992 : Création de Max Havelaar France, Max Havelaar Suisse et Max Havelaar Danemark.

1993 : Création de l’organisme de labellisation Transfair en Allemagne.

1994 : Introduction du thé équitable, après le café et le cacao.  Création du réseau Européen des Magasins du Monde (NEWS)

1996 : Introduction de la banane équitable aux Pays-Bas.

1997 : Les organismes labellisateurs (Max Havelaar, Transfair, Rättvisemarkt, Fairtrade…) s’unissent au sein de l’International Fair Trade Labelling Organisation (FLO). Monoprix et Auchan s’engagent à proposer du café équitable.

1998 : Les organisations du CE internationales (FLO, IFAT, NEWS et EFTA) se réunissent au sein de FINE. Création, en France, de la Plate Forme française du CE. 1er café équitable de marque Monoprix.

2002 : Une étude Alter Eco en France révèle que 34% des Français connaissent le CE et que la grande distribution représente 55% du marché. Carrefour développe un café équitable à sa marque, en France.Création de l’Association et du label Bio Equitable en France.

Quelques chiffres en France

( extrait du rapport effectué Altervia Consulting en partenariat avec la Plate-Forme du Commerce Equitable) pour le ministère des affaires étrangères)

 En 2004, le commerce équitable Sud-Nord a généré en France 149 Millions d’euros de vente.Ce chiffre se décompose en 94 Millions d’euros de ventes aux consommateurs (63%) et 52 Millions d’euros de vente aux intermédiaires (35%).

La grande distribution représente 55% de l’ensemble des ventes aux consommateurs.

Le commerce équitable a connu une croissance 2003 / 2004 de 103%.

Hormis les actions menées en partenariat avec les spécialistes du développement (ONG et agences internationales), et la dimension commerciale de leur activité, les structures françaises du commerce équitable ont dépensé :

2,5 M€ (soit 17% des dépenses non commerciales) au Sud. Ils sont majoritairement destinés à l’appui au développement local (pour 2,2 M€) et à la mise en place de référentiels.

15,5 M€ (soit 83% des dépenses non commerciales) au Nord. Ils sont affectés en priorité à l’éducation - sensibilisation et à la représentation, ainsi qu’aux études et à l’appui au développement des acteurs.

 

6 - References

Wikipedia

 

7 - Pour en savoir plus

Wikipedia